chapitre 4 : l'ouverture des économies

chapitre 4 : L’OUVERTURE DES ECONOMIES

 

 

I- La mesure des échanges internationaux

 

A / La balance des paiements et le compte des transactions courantes

 

  •       D’après l’INSEE, la balance des paiements est un état statistique qui retrace sous une forme comptable l'ensemble des flux d'actifs réels, financiers et monétaires entre les résidents d'une économie et les non-résidents au cours d'une période déterminée.

 

  •       Pour la France, elle est élaborée par la Banque de France et permet à la fois d’évaluer l’insertion du pays dans son environnement extérieur et de fournir de nombreux éléments statistiques permettant de calculer les agrégats nationaux (produit intérieur brut, revenu national…).

 

  •       Par ailleurs la balance des paiements française est intégrée à celle de la zone euro, qui sert d’indicateur pour mener la politique monétaire européenne. C’est le Fonds monétaire international qui a élaboré les conventions, normes, définitions et classification qui s’imposent à tous, permettant ainsi de comparer les statistiques des différentes balances des paiements.

 

  • Une balance des paiements suit le principe de la comptabilité en partie double. Une même opération est comptabilisée deux fois : en tant que flux réel et en tant que flux monétaire, contrepartie exacte de ce flux réel. Il en résulte un nécessaire équilibre de la balance des paiements. Dans le cas le plus simple, une exportation par les résidents donne naissance en contrepartie à une augmentation de leurs avoirs liquides.

 

 

La balance des paiements se divise en trois grands comptes : compte des transactions courantes, compte de capital et compte financier.

 

Compte des transactions courantes

- biens (balance commerciale) : transferts de propriété de biens meubles entre résidents et non résidents.

- services subdivisés en plusieurs postes : voyages, transports…

- revenu : rémunérations des salariés et revenus d’investissements

- transferts courants : contributions de la France au budget communautaire, envois de fonds des travailleurs, dons et versements humanitaires…

Compte de capital

 - transferts en capital (remises de dettes, pertes sur créances, aides à l’investissement, transferts des migrants)

- acquisitions et cessions d’actifs non financiers non produits (brevets, marques, droits d’auteur…)

Compte financier

- investissements directs : création ou la reprise d’entreprises à l’étranger ou par des étrangers en France (par convention, on considère qu’une relation d’investissement direct est établie dès lors qu’une personne physique ou morale détient au moins 10 % des droits de vote, ou à défaut 10 % du capital social d’une entreprise)

- investissements de portefeuille : opérations fermes sur titres négociables (actions, obligations…) à l’exception de celles comprises au sein des investissements directs, des avoirs de réserve et des produits financiers dérivés.

- produits financiers dérivés : opérations sur options…

- autres investissements : crédits commerciaux, prêts et dépôts

- avoirs de réserve : avoirs extérieurs qui sont à la disposition immédiate et sous le contrôle des autorités monétaires pour leur permettre de financer les déséquilibres de paiements ou d’intervenir pour en réduire l’ampleur (or, devises, position de réserve au FMI…).

« Erreurs et omissions »

Poste d’ajustement (les déclarations en partie double peuvent être décalées dans le temps d’où des erreurs, des oublis ou des décalages de période).

 

B/ Les instruments de mesure du commerce extérieur

 

 

Le taux d’ouverture est mesuré généralement par la moyenne des importations et des exportations d’un pays rapportée au PIB.

Ce taux a progressé régulièrement pour l’ensemble des pays développés depuis 1945 traduisant une forte progression des échanges internationaux.

 Mais certains pays sont plus ouverts que d’autres du fait de différents facteurs (taille du marché intérieur, degré de spécialisation productive…), de même qu’à l’intérieur d’un pays, certains secteurs sont plus exposés à la concurrence mondiale que d’autres.

 

Le solde du compte des transactions courantes constitue un indicateur de performance de l’économie.

Un pays dont le solde est excédentaire produit plus qu’il ne consomme et n’investit.

Cela peut être lié à une meilleure compétitivité prix ou qualité de ses produits, et les devises dégagées grâce à l’excédent peuvent être investies à l’étranger et fournir ainsi des sources de revenus complémentaires.

Mais un excédent peut aussi signifier que la consommation et l’investissement internes sont faibles, ce qui peut avoir des incidences à terme sur la croissance économique.

 

 A l’inverse, un déficit peut être la conséquence d’un effort national d’investissement important, signe d’une croissance soutenue…

 

Certains pays dégagent régulièrement une capacité de financement tandis que d’autres doivent au contraire financer un besoin : ainsi les États-Unis connaissent un fort déficit de leur compte de transactions courantes depuis le début des années 1980 : la consommation et l’investissement américains sont financés grâce à l’épargne des pays excédentaires, le Japon et l’Union Européenne notamment.

La persistance des déficits dans certains pays peut expliquer la naissance de pressions protectionnistes.

 

Le taux de couverture, mesuré par le ratio des exportations rapportés aux importations de biens, est supérieur à 100 % lorsque la balance commerciale est excédentaire.

 

Calculé par produit pour la France, il révèle les points forts (automobile, produits agro-alimentaires, agriculture, biens d’équipement) et les points faibles (biens intermédiaires, biens de consommations, énergie) de l’économie.

 

La part de marché, mesurée par le rapport entre les exportations d’un pays et la demande mondiale,  reste l’indicateur principal de la compétitivité d’un pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II- L’impact de l’évolution des taux de change sur les décisions des agents économiques

 

Toute opération commerciale entre pays ne partageant pas la même monnaie donne lieu à une opération de change.

Le taux de change nominal est le prix d’une monnaie exprimé dans une autre monnaie, appelée devise.

 

Les cours des monnaies obéissent à la loi de l’offre et la demande :

le taux de change d’une monnaie peut augmenter (appréciation) ou diminuer (dépréciation) par rapport à une autre.

 

Face à ces mécanismes de marché, les autorités monétaires peuvent adopter deux positions antagonistes, qui conduisent à deux modes d’organisation du système monétaire international :

 

-       soit elles acceptent sans réserve les mécanismes de marché, et laissent leur monnaie librement fluctuer, en comptant sur la présence de mécanismes stabilisateurs « naturels » : on se trouve alors en présence d’un système de changes flottants (ou flexibles)

 

-       soit elles interviennent sur les marchés pour tenter de limiter les fluctuations de leur monnaie par rapport aux autres devises : on parle alors de système de changes fixes.

 

Dans la réalité, les deux systèmes de change coexistent, et leur antagonisme n’est pas total : il existe diverses solutions intermédiaires (ancrages monétaires, changes semi-fixes…).

 

Les décisions des agents économiques (consommateurs, producteurs notamment) sont influencées par les variations de taux de change :

 

-  les consommateurs pourront voir le coût des importations varier en fonction de l’évolution des taux de change :

ils arbitreront entre des achats de produits locaux ou importés, entre des voyages en France ou à l’étranger…

 

-       les producteurs subiront les conséquences de l’évolution des taux de change sur leurs opérations avec l’étranger (importations et exportations) :

Ainsi l’appréciation de l’euro par rapport au dollar jusqu’à l’été 2008 a pénalisé les exportations (baisse de la compétitivité prix) mais diminué le coût des importations (et notamment du pétrole). Cela peut avoir des conséquences sur leurs choix de production (délocalisations éventuelles).

 

Commentaires (4)

1. Naeem 24/04/2013

Bonsoir,

Pourriez-vous m'envoyer par email les cours de 1 ère et 2 eme année d'éco, droit, management ?

Très bien réussi vos cours ;)
Cordialement

2. Edith 28/04/2013

quelle est la différence entre le compte des transactions courantes et le solde des transactions courantes

En l'attente d'une réponse,

Merci

3. eric 13/05/2013

le solde des transactions courantes est le total du compte des transactions courantes en fin de période déterminée le solde ou le total peut être positif ou négatif suivant les montants présent au débit ou crédit

4. COLY Matar 10/03/2017

Bonjour,

Pourriez-m'envoyer tout vos cours s'il vous plait ?
Je trouve qu'ils sont à la fois simple et complet, ils sont parfait en complément de mes cours voir en substitution à certains cours.

Cordialement,
COLY Matar

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site