chapitre 1 : le choix des investissements- processus 5

 

Processus 5

Chapitre 1 : LE CHOIX DES INVESTISSEMENTS


I-              la décision d’investir

A/ qu’appelle-t-on un investissement ?

L’investissement : engagement de fonds (de ressources) dont l’entreprise attend une rentabilité à terme et pendant une certaine période mais avec un certain risque. 

La rentabilité c’est l’aptitude des capitaux qu’on engage à produire un résultat (à dégager des recettes en particulier)

(Résultat ¹ recette)

Dans ce chapitre on traitera essentiellement les acquisitions d’immobilisations. En économie ou management le mot investissement a un sens plus large (ex : investissement en capital humain)

 

B/ pourquoi investir ?

  • pour remplacer son outil de production : investissement de renouvellement
  • pour se développer, en augmentant la capacité de production, cela permet de prendre des parts de marchés ou de se diversifier dans d’autres secteurs : investissement de capacité.
  • Pour se moderniser, prendre en compte les dernières innovations, pour améliorer la productivité (quantité produite rapportée aux moyens mis en œuvre) : investissement de productivité

Dans la pratique, les trois raisons se cumulent souvent  dans la décision d’investissement.

 

C/ quels types d’investissement ?

  • Investissement en immobilisations corporelles qui constituent le potentiel de production physique (machine, usines…)
  • investissement en immobilisation incorporelles (ex : fond de commerce, brevets)
  • investissement en immobilisation financière qui recouvre les prises de participation, qu’elles soient faites pour intervenir dans la gestion ou parce qu’on en attend des dividendes ou des intérêts à plus ou moins long terme.

 

D/ l’espérance de rentabilité

L’investissement doit générer des entrées d’argent qui vont permettre :

-       de couvrir les dépenses engagées le plus vite possible : limiter le risque

-       générer un surplus et donc être rentable.

 

E/ le choix d’investissement

Plusieurs solutions sont envisageables, le choix s’appuie sur un cahier des charges dans lequel tous les critères décidés par la direction seront définis.

Parmi les critères on trouve :

-       le prix, ou la valeur total du projet

-       des critères de qualité

-       le service après vente

-       la santé financière du prestataire ou du fournisseur.

-       Les délais de payement

-       La rentabilité attendue

-       Les délais de livraison

 

Tous ces critères seront fonctions des besoins de l’entreprise et fixés par la direction. Les calculs de rentabilité ne seront pas toujours possibles. Ils concernent les gros projets d’investissement de production pour augmenter la capacité ou la productivité.

 

II-            la mesure de la rentabilité économique dans le processus de choix

 

A/ les flux générés par les investissements

 

1-    la CAF annuelle générée par le projet.

L’investissement va générer une production chaque année, et donc des recettes qui seront étalées dans le temps. En revanche l’entreprise devra aussi faire face à des dépenses supplémentaires pour faire tourner la production.

 De plus, si elle génère des recettes supplémentaires, l’entreprise va devoir payer plus d’impôt.

 

La CAF du projet = recettes d’exploitation – dépenses d’exploitation – impôt supplémentaire

 

CAF = Capacité d’Auto Financement (ou cash flows)

Cf : exemple (doc 1. poly)

 

Attention, la dotation aux amortissements ne sert qu’à calculer l’impôt, il est réintégré pour calculer les recettes annuelles (flux de trésorerie)

 

Les charges variables varient proportionnellement aux quantités produites (ex : les matières premières sont toujours des charges variables, en revanche les salaires sont des charges fixes)

 

Un projet ne génère pas nécessairement des recettes équivalentes chaque année  (Cf : cours du livre)

 

2-    les flux nets annuels de trésorerie généré

  • les dépenses :

Il ne va pas falloir oublier parmi les dépenses, l’investissement initial et se qu’on appel l’accroissement du besoin en fonds de roulement nécessaires au démarrage du projet (BFRE= Besoin en Fond de Roulement d’Exploitation)

 

Exemple de schéma du cycle d’exploitation d’une entreprise industrielle :

-       elle stock ses matières premières pendant 30 jours

-       elle fabrique sur une durée de 10 jours

-       elle stock ses produits finis pendants 20 jours

-       elle paie ses fournisseurs à 20jours

-       elle accorde a ses clients un crédit de 40 jours

80 jours de décalage entre l’encaissement et le décaissement

 

Si le projet démarre en N+1, l’investissement sera réputé réalisé fin N (fin de l’année 0).

Si le projet démarre en N, on pourra dire que l’investissement aura été réalisé fin de l’année 0.

 

Le BFRE nécessité par le projet, devra aussi commencer à être pris en compte en N, c’est à dire avant le démarrage.

 

Dans l’exemple proposé page 5, le BFRE nécessaire est de 220€, l’essentiel est pris en compte en N.

220€ sont pris en compte avant le démarrage (en N) , et on considère qu’il faudra 30 milliers d’euros de plus en N+1 et 30 milliers d’euros de plus en N+2 pour le projet.

 

  • les recettes :

-       Parmi les recettes, on a les flux d’exploitation (la CAF), elles sont estimées pour chaque année et considérées réalisées pour chaque période.

-       Si la ou les machines utilisées dans ce projet sont revendables, elles auront une valeur de négociation sur le marché de l’occasion, et on prendra en compte cette valeur comme une recette potentielle en fin de projet, la plupart du temps le nom donné à cette recette est : valeur résiduelle.

-       une fois que le projet est terminé, on a plus besoin de financements supplémentaires, on va donc retirer progressivement ou en une fois en fin de période le BFR prévu en début de projet. Cela constitue une recette dans l’étude.

Il faut qu’il soit repris en totalité à la fin de la dernière période au plus tard.

 

  • la durée du projet :

C’est la durée choisie par les décideurs, pour étudier la rentabilité du projet. Bien entendu, plus cette durée est longue, plus les prévisions de recettes deviennent incertaines.

 

Le montant du capital investit, la durée de vie, la valeur résiduelle, et les flux de trésorerie nets d’exploitation (CAF) qu’il doit générer, constitue les caractéristiques du projet d’investissement.

 

Cf : exemples page 5

Cf : cas NEMOURS (qu.1 et 2)

 

B/ la rentabilité des investissements

  1. l’actualisation des flux et le calcul de la VAN

VAN = Valeur Actuelle Nette

La plupart des agents économiques préfèrent disposer de 1000€ aujourd’hui plutôt que 1000€ dans 1 an. En effet, ils n’ont pas forcément confiance dans l’avenir, ils savent que les prix risquent d’augmenter, ou tout simplement, ils préfèrent avoir l’argent tout de suite et le placer. En revanche, ils pourront estimer, par exemple, que s’ils prêtent à qqn 1000€ aujourd’hui, et que l’emprunteur leur rembourse 1100€ dans 1an, cela constitue une transaction raisonnable. Précisément ils considèrent que 1000€ d’aujourd’hui, sont équivalents à 1100€ dans 1an.

Cette équivalence peut s’exprimer à l’aide d’un taux : taux d’actualisation, qui permet d’actualiser un flux monétaire futur, en un flux monétaire actuel.

 

Flux monétaire actuel = flux monétaire futur * (1+t)^-1

1000 = 1100 (1+t)^-1

 

  • Si Vo est la valeur actuelle d’un flux, Vf sa valeur future et N le nombre de période d’étude, alors :

 

Vo = Vf (1+t)^-N

 

La Valeur Actuelle Nette (VAN) d’un projet est la somme des flux nets positifs et négatifs actualisés.

 

VAN =  -  investissement initial – BFR + å flux nets de trésorerie

 

Sur Excel, il existe une fonction VAN, mais pour l’utiliser il ne faut pas inclure l’investissement initial dans les flux.

 

Le taux d’actualisation, est le taux d’équivalence entre valeur actuelle et valeur futur, déterminé par les dirigeants.

 

Si VAN positive, le projet est rentable. Si la VAN est négative le projet ne sera pas mis en œuvre. Si on compare deux projets, on choisira celui dont la VAN est la plus élevée.

 

2. le taux interne de rentabilité

 

Le taux interne de rentabilité, c’est le taux pour lequel, la VAN est nulle.

On l’appel aussi le taux de rejet : on n’acceptera pas le projet dont le taux interne de rentabilité serait inférieur au taux d’actualisation, puisqu’en dessous de ce taux la VAN est négative.

Le taux interne de rentabilité doit être le plus élevé possible si l’on a deux projets à comparer.

 

Sur Excel la fonction qui permet de calculer ce taux s’appelle la fonction TRI.

Sur les machines à calculer, il faut rentrer les flux, puis VAN = 0…

 

3.  le délai de récupération du capital investit (DRCI)

Dans la plupart des cas, ce délai se calcul sur des flux non actualisés.

Le DRCI est le temps nécessaire pour récupérer les capitaux qui ont été nécessaires au démarrage du projet

 

Exemple Page 7 :

 On repart des flux nets de trésorerie, puisqu’il faut récupérer à la fois l’investissement initial et les besoins en fonds de roulement générés par le projet.

On remarque que l’on passe par un FNT cumulé = 0 dans l’année N+3.

A la fin de l’année N+3 les FNT cumulés sont positifs de 37 000€

Pour atteindre un FNT cumulé=0, il restait à faire 863 milliers d’euros en N+3

 

Récupération année N+3

FNT N+3 = 900

Reste à faire pour récupérer : 863

863*360/900 = 345 jours à décembre N+3

 

Lorsqu’on compare deux projets on prend celui qui a le délai de récupération le plus rapide.

 

Il est un indicateur à privilégier lorsque l’objectif premier de l’entreprise est de limiter le risque.

 

4.  l’indice de profitabilité (IP) 

IP = (VAN+I) / I

C’est l’indice de profitabilité le plus élevé qui est à privilégier si on recherche une rentabilité maximale.

 

 5.   synthèse

 

 

Points forts

Points faibles

 

VAN

Prend en compte l’intégralité des flux ainsi que la dépréciation monétaire due au temps.

Le choix du taux d’actualisation n’est pas sans conséquence

 

TIR

Prend en compte l’intégralité des flux.

Evite le choix du taux

Exprime la rentabilité économique de l’investissement.

Détermine le taux de rejet

Il faut retenir un taux de comparaison dont la détermination est délicate.

(il ne faudra pas exiger un taux d’actualisation supérieur au TIR, sinon le projet n’est pas rentable)

DRCI

Evite le problème du choix du taux d’actualisation

Privilégie les investissements les plus rapidement récupérables, alors qu’ils ne sont  pas forcément les plus rentables.

 

IP

Permet de comparer des investissements d’importance différente

Le choix du taux d’actualisation n’est pas sans conséquence.

 

 

Si les indicateurs amènent à des conclusions différentes, le décideur devra prendre position. 

Exemple :

-       s’il veut renouveler fréquemment son outil de production, pour rester à la pointe de la technologie, elle choisira le DRCI.

-       Si un décideur recherche une rentabilité globale la plus élevée possible, il privilégiera la VAN.

 

 

III-              les critères de décision en avenir aléatoire

 

Cf : poly

Pour arriver à déterminer l’espoir de recettes nettes (VAN) sur lesquelles je peux compter,  il faut que j’affecte une probabilité à mes différentes hypothèses.

 

Exemple : si j’affecte 60% à H1 et 40% à H2, l’espoir de recette sur lequel je peux compter est de 460 = espérance mathématique.

 

Chaque flux va ainsi être probabilisé, actualisé, jusqu'à calculer l’espérance de la VAN.

 

On retient un taux d’actualisation du capital de 10%

 

Écart type = risque d’écart (dispersion)  avec l’espérance de VAN

 

L’espérance mathématique de la VAN correspond à la somme des espérances de chaque flux de période actualisé  - investissement initial

 

  • Dans cette étude le projet P2 offre l’espérance de rentabilité la plus élevée (212,5 contre 201,05 pour le projet P1) mais avec un risque plus important (108,42 contre 99,47 pour le P1). Le décideur choisira donc en fontion de sa priorité à un moment donnée.

 

 

CAS DÉMAREZ

 

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