Chapitre 2 : Les institutions financières et leur rôle

Chapitre 2 Les institutions financières et leur rôle

1. Un rôle spécifique d’intermédiation financière

1.1 En quoi les banques jouent-elles un rôle d’intermédiation financière ?

A. Elles mettent en relation prêteurs et emprunteurs

Les banques permettent aux prêteurs de trouver plus facilement et plus rapidement un moyen de placer leur épargne auprès des emprunteurs que s’ils avaient à le faire eux-mêmes. La recherche d’un emprunteur potentiel peut s’avérer coûteuse et longue pour un épargnant. Il en va de même pour l’emprunteur qui obtiendra plus vite des fonds auprès d’une banque dans laquelle les prêteurs placent déjà leur épargne.

Ensuite, les banques font coïncider les montants épargnés avec les montants empruntés, en captant de multiples dépôts de faibles montants pour octroyer des prêts de montant élevé.

B. Elles transforment des dépôts à court terme en prêts à long terme

L’idéal pour les ménages est de pouvoir mobiliser leur épargne placée à tout moment, ce qui est difficilement compatible avec le fait de la prêter à des agents qui ne sont susceptibles de la rembourser qu’à long terme, progressivement. Les banques font le pari que les sommes déposées chez elles à court terme par les épargnants ne seront pas retirées toutes en même temps et qu’elles peuvent donc être prêtées à long terme : une partie assez peu variable de la masse épargnée reste ainsi immobilisée.

C. Elles réduisent les asymétries d’information entre prêteurs et emprunteurs

Grâce aux relations suivies qu’elles entretiennent avec leurs clients, les banques sont mieux à même de connaître les risques liés aux projets d’investissement qu’ils présentent. C’est une garantie intéressante pour les prêteurs : les banques détiennent plus d’informations sur les emprunteurs que tout prêteur éventuel.

 

1.2 Quel rôle spécifique remplissent les banques dans la distribution de crédit ?

A. Un rôle de création monétaire…

Les banques créent de la monnaie à travers les opérations de crédit. En effet, en octroyant un crédit à un agent économique, une banque augmente le volume de monnaie scripturale de cet agent, sans diminuer le volume de monnaie détenu par les autres agents. La masse monétaire augmente donc à cette occasion. Bien entendu, au moment du remboursement du crédit, le volume de monnaie scripturale de l’agent diminue, ainsi que la masse monétaire. Au final, la masse monétaire augmente lorsque le volume des crédits distribués est plus important que le volume des crédits remboursés.


B. … limité par les besoins en monnaie centrale des banques…

Lorsqu’une banque accorde un crédit, elle doit faire face à deux types de fuites en monnaie centrale. La première vient du fait que le crédit octroyé sert à régler des transactions avec des clients d’autres banques : les banques bénéficiaires des paiements doivent être remboursées en monnaie centrale. La deuxième vient de la préférence du public pour les billets : tout crédit accordé donne lieu à un dépôt en monnaie scripturale du même montant, lequel dépôt donne lieu à des retraits sous forme de billets. Si une banque ne dispose pas de suffisamment de monnaie centrale pour faire face à ces fuites, elle sera contrainte de délivrer moins de crédits.

C. … et limité par l’action des autorités monétaires

La banque centrale exerce une influence sur la quantité de monnaie centrale (ou liquidité bancaire) à laquelle peut recourir une banque de second rang. Lorsque les banques ne trouvent pas de monnaie centrale sur le marché monétaire, elles s’adressent en effet à la banque centrale, qui peut leur en procurer moyennant le paiement d’un intérêt. Par exemple, en augmentant ses taux, la banque centrale renchérit l’accès à la monnaie centrale et incite les banques à être plus prudentes dans l’octroi de leurs crédits (en proposant des taux plus élevés à leurs clients).

 

2. Un rôle de complémentarité avec les marchés financiers

2.1 Quelle insuffisance du marché financier les banques s’efforcent-elles de résoudre ?

A. Elles financent les agents qui ne souhaitent pas recourir au marché financier

Tous les agents économiques ne souhaitent pas se financer sur le marché financier. Par exemple, une augmentation de capital (par émission d’actions) entraîne une dilution du capital de la société : de nouveaux actionnaires peuvent venir contester le pouvoir en place, et donc la direction de la société.

Ce problème se rencontre également lorsque l’entreprise est convoitée par d’autres. Si le capital est réparti dans le public, l’entreprise peut faire l’objet d’une offre publique d’achat (OPA) ou d’une offre publique d’échange (OPE).

B. Elles financent les agents qui ne peuvent pas recourir au marché financier

Les ménages ne peuvent pas faire appel public à l’épargne et doivent donc trouver des financements auprès des banques. Mais c’est aussi le cas des PME et des très petites entreprises, qui ne remplissent pas les conditions pour accéder au marché financier.

Il en résulte un dualisme dans l’accès au financement : les grandes entreprises bénéficient de la mise en concurrence des banques et des marchés, tandis que les petites entreprises ne peuvent faire appel qu’aux banques ; ces dernières ne bénéficient donc pas d’un rapport de force favorable pour négocier le taux d’intérêt de leur emprunt.


2.2 Pourquoi les banques interviennent-elles sur les marchés financiers ?

A. Elles cherchent à compenser la baisse des dépôts traditionnels

Les ménages privilégient plus souvent que par le passé l’épargne non liquide. Plutôt que de laisser dormir des sommes sur des comptes non rémunérés ou qui rapportent peu (comptes sur livret), les ménages cherchent à placer leur épargne sur les marchés financiers. Il en résulte une diminution du volume des dépôts traditionnels que les banques orientaient vers les prêts.

Toutefois, les épargnants détiennent assez peu d’informations sur les sociétés qui émettent des titres, et sont donc plutôt réticents à gérer eux-mêmes un portefeuille de titres. Aussi, les banques proposent aux épargnants un placement particulier : elles collectent l’épargne liquide des ménages en échange de titres d’organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM : actions d’une société qui gère un portefeuille de titres), qui peuvent eux aussi être échangés sur le marché financier

B. Elles ont développé une activité d’intermédiation sur titres

Par le biais des OPCVM, dont le capital est détenu essentiellement par les banques, celles-ci achètent titres d’entreprises, actions et obligations. On observe donc une intermédiation bancaire : les épargnants obtiennent des titres d’OPCVM (détenus par les banques) contre de la monnaie, et, avec cette monnaie, les banques achètent des titres émis par les sociétés sur le marché primaire. Bien entendu, les titres d’OPCVM prennent de la valeur avec la valeur du portefeuille de titres qu’ils gèrent.

Ainsi, les banques participent différemment au financement de l’économie : à une intermédiation traditionnelle par le crédit, elles substituent une intermédiation par les titres financiers, connaissant par là une « marchéisation » de leur activité.

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