chapitre 7 : flux de trésorerie et tableau des flux de trésorerie

Chapitre 7 : FLUX DE TRÉSORERIE ET TABLEAU DES FLUX DE TRÉSORERIE

 

INTRODUCTION

 

On va s’intéresser à la formation des flux de trésorerie pour une raison essentielle, il existe un lien fort entre la trésorerie durablement insuffisante et la probabilité de défaillance

 

Malheureusement la comptabilité d’engagement  débouche sur des indicateurs : résultats, EBE, CAF… qui constituent des flux de trésorerie potentiels et non pas des effectifs.

 

Exemple introductif :

 

Compte de résultat société X au 31/12/N (en K€)

CHARGES

PRODUITS

Achats de marchandises

Services extérieurs

Charges de personnel

Dotation aux amortissements

822

264

550

24

Ventes de marchandises

1 870

Total charges d’exploitation

1 660

Total produit d’exploitation

1 870

Charges d’intérêts

82

 

 

Total charges financières

82

Total produits financiers

0

Charges exceptionnelles sur opérations de gestion

Dotation aux provisions

20

51

Produits exceptionnels sur opérations de gestion

45

Total charges exceptionnelles

71

Total produits exceptionnels

45

IS

45

 

 

Résultat net comptable

57

total

1 915

total

1 915

 

Autres informations extraites des bilans (montant brut)

Créances clients et autres créances d’exploitation

-        01/01/N : 312,00

-        31/12/N : 250,00

Dettes d’exploitation :

-        01/01/N : 190,00

-        31/12/N : 210,00

dette d’IS

-        01/01/N : 15,00

-        31/12/N : 19,00

 

Qu1 : combien a-t-on encaissé sur nos ventes en N ? combien a-t-on encaissé  sur nos achats en N ?

 

  • Encaissement sur les ventes N :

 

Ventes

1 870

Créances au 01/01/N

+ 312

Créances au 31/12/N

- 250

 

1 932

 

Encaissement = vente de la période – (créances clients fin – créances clients début)

Encaissements = ventes de la période – créances clients

 

Flux effectif = flux potentiel – du décalage de flux

 

  • Décaissement sur les achats :

 

achats

822

Dettes au 01/01/N

+ 190

Dettes au 31/12/N

- 210

 

 802

 

Soit : décaissement = 822 + ( 190 – 210 ) = 802

 

La variation du décalage de flux est en fait la variation d’un poste de bilan, qui est lui-même un élément constitutif du BFR

 

Qu.2 : calculer et qualifier l’EBE

 

EBE = (VA + subvention d’exploitation) – (impôt et taxes + charges de personnel)

                            74                                       63                        64

-        tous les comptes de produits 70 à 74

-        toutes les charges 60 à 64

 

L’EBE est un bon indicateur de la rentabilité de l’exploitation. Pertinent pour les comparaisons interentreprises.

 

Flux de trésorerie potentiel :

Vente de marchandises

1 870

Coût d’achat des marchandises vendues

- 822

= marge commerciale

1 048

Services extérieurs

- 264

= valeur ajoutée

784

Charges de personnel

- 550

= EBE

234

 

Qu.3 : calculer et qualifier la CAF :

 

CAF = produits encaissés ou encaissables – charges décaissées ou décaissables.

 

Les éléments qui ne sont pas des éléments encaissé(able) ou décaissé(able) sont les éléments calculés :

-        dotations

-        reprises

-        VNC

-        Quotte part des subventions virées

-        775

 

EBE

234

Autres charges décaissées ou décaissables

-147

Autres produits encaissé ou encaissable

+45

CAF

132

 

Qu.4 : déterminer le flux de trésorerie effectif généré par l’activité :

 

 

Flux nés en N

Décalage

Flux de trésorerie effectif

Solde début

Solde fin

variation

ENCAISSEMENTS

-        sur ventes

-        sur produits exceptionnels

 

1 870

45

 

312

 

 

250

 

+ 62

 

1 932

45

DÉCAISSEMENTS

-        sur achats

-        sur services extérieurs

-        sur charges de personnel

-        sur charges financières

-        sur charges exceptionnelles

-        sur IS

 

822

264

550

82

20

 

45

 

190

 

 

 

 

 

15

 

210

 

 

 

 

 

19

 

-        20

 

 

 

 

 

-        4 

 

802

264

550

82

20

 

41

totaux

132

 

 

 

218

 

Qu.5 : synthèse des résultats :

 

Résultat

57

EBE

234

CAF

132

FTA

218

 

-        les indicateurs comptables « traditionnels » cernent mal l’aptitude de l’entreprise à générer de la trésorerie effective.

-        On passe d’un flux potentiel à un flux effectif en « corrigeant » le premier d’une variation de BFR qui sera techniquement soustrait.

 

Flux effectif = flux potentiel – variation du BFR

 

On a besoin d’indicateur et d’outils spécifiques pour analyser les flux de trésorerie effectifs :

-        un bon indicateur simple est l’excédent de trésorerie d’exploitation (ETE)

-        l’OEC propose un outils d’analyse : le tableau des flux de trésorerie.

 

I-              la variation de la trésorerie d’exploitation, l’ETE

 

ETE : Excédent de Trésorerie d’Exploitation

 

A/ principe

 

Dans le cadre de ses opérations d’exploitation courantes (achats, production, vente), l’entreprise doit normalement dégager un excédent de liquidité.

Cet excédent (ou insuffisance ITE) peut se calculer de la façon suivante :

 

ETE = Produits d’exploitations encaissées – charges d’exploitations décaissées

 

B/ mode de calcul

 

  1. 1.      informations nécessaires

 

Compte de résultat : flux nés au cours de la période

Bilan d’ouverture et de clôture : décalage de flux

 

  1. 2.      calcul direct de l’ETE

 

ETE = recette effectives générées par l’exploitation – dépenses effectives générée par l’exploitation

 

Recettes effectives générées par l’exploitation : produits encaissables de la période – variation des créances d’exploitation

Dépenses effectives générées par l’exploitation : charges décaissables de la période – variation des dettes d’exploitations

 

Toute variation se calcul dans le sens : valeur à la clôture – valeur à l’ouverture

 

-        Charges retenues : de 60 à 64 sauf 603 : la variation des stocks n’a pas d’incidence sur la trésorerie d’exploitation.

-        Produits retenus : de 70 à 74 (sauf 71)

 

Variation des dettes et des créances : montant brut (variation du BFRE du bilan fonctionnel)

 

 

Méthode « directe » :

  Produits d’exploitation encaissable

- variation des créances d’exploitation

   (client clôture - client ouverture)

1 870

- (-62)

= recettes générées par l’exploitation

1 932

  Charges d’exploitation décaissables

- variation des dettes d’exploitation

   (dettes clôture - dettes ouverture)

1 636

- 20

= dépenses générées par l’exploitation

1 616

Excédent de Trésorerie d’Exploitation

316

 

B/ calcul à partir de l’EBE

 

ETE = EBE – BFRE

BFRE = BFRE n+1 – BFRE n

 

  1. détermination de la variation du BFRE

BFRE Ouverture

122

Clients et autres créances d’exploitation

Stock initial

- fournisseurs et autres créances d’exploitation

312

0

190

BFRE clôture

40

Clients et autres créances d’exploitation

Stock final

- fournisseurs et autres créances d’exploitation

250

0

210

Variation du BFRE

- 82

 

  1. calcul de l’ETE

EBE

- Variation BFRE

ETE

234

- (-82)

316

 

 

 

II-              le tableau des flux de trésorerie de l’OEC

 

A/ la trésorerie : contenu

 

Elle correspond aux disponibilités et à leurs équivalents :

-        caisse et comptes à vue

-        SICAV et FCP monétaire

-        Obligations acquises moins de trois mois avant leur échéance

 

NB : éléments exclus de la trésorerie :

-        Comptes à terme ouvert plus de trois mois avant la clôture

-         ceux dont l’échéance est à plus de trois mois.

-        Actions

-        certains soldes créditeurs de banque

-        Les EENE

 

B/ logique générale de construction

 Cf : tableau des flux de trésorerie de l’OEC

 

on classe les flux en trois catégories

-        activité (A)

-        investissement : acquisition, renouvellement des immobilisations (B)

-        financement : sources externes (C)

 

On applique le principe de détermination d’un flux effectif vu en I-

Flux effectif = flux potentiel – décalage (variation de BFR)

On peut le constater sur le calcul du FNT, des flux A et B (moins apparent sur le calcul du flux C)

 

C/ intérêt du tableau des flux de l’OEC

  1. 1.      la formation du FNTA

 

On calcul un RBE, indicateur proche de l’EBE mais qui ne lui correspond pas exactement :

-        il contient certaines provisions (voir renvoi 1)

-        il inclut les comptes 65 / 75

 

On obtient une base de mesure de la performance économique ou de la rentabilité d’exploitation.

 

La variation du BFRE va expliquer si la transformation de cette performance économique en trésorerie, selon le schéma :

FNTE = RBE + variation BFRE

 

Il est essentiel à ce stade de pouvoir indiquer dans quel sens évoluent les éléments constitutifs du BFRE.

 

Le FNTA doit être positif.

 

  1. 2.      les opérations d’investissement (flux B)

 

Ce flux sera normalement négatif dès lors que l’entreprise investit, on va constater des sorties de trésorerie.

 

  1. 3.      les opérations de financement (flux C)

 

Partie simple  à lire, les remboursements sont bien sur négatifs.

 

  1. 4.      l’articulation des différents flux

 

Le flux A doit être positif : l’entreprise doit transformer sa performance  économique (résultat, EBE) en trésorerie effective  par une maîtrise de son BFR.

 

Le FNTA donne une idée de la capacité de l’entreprise à :

-        rembourser ses emprunts

-        payer des dividendes

-        procéder à de nouveaux investissements

Sans faire appel à des sources de financement externes.

 

Dans une situation idéale, le flux A doit être supérieur au flux B.

Dans ces conditions, l’entreprise est autonome, elle peut réduire son endettement et distribuer des dividendes.

 

Lorsque le flux A est inférieur au flux B, l’entreprise devra rechercher des financements externes : emprunt, augmentation de capital… (voir ch.10)

 

Si A < B de façon durable le risque de défaillance est élevé.


CONCLUSION

 

Les flux de trésorerie sont des indicateurs très pertinent pour des analyses comparatives : ils ne sont pas influencé par les choix comptables (évaluation des provisions, méthode d’amortissement…)

 

A terme, le tableau des flux de trésorerie devrait devenir un document de synthèse obligatoire au même titre que le bilan et le compte de résultat.

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires (2)

1. bwattagrenn 14/05/2014

le cours est super bien fait, ce serait bien de tous les avoirs, ils sont fait dans le meme style que mon prof, et sont très compréhensibles!!

bon courage à vous

2. El kah afaf 13/03/2015

Bonjour , S'il vous plait je veux bien ce cours en format Word dans le plus proche possible et merci pour vous efforts .

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site