chapitre 9 : la politique d'innovation

Chapitre 9 : LA POLITIQUE D INNOVATION

 

I-              Les modalités de la politique d’innovation

A/ En quoi consiste l’analyse du patrimoine technologique de l’entreprise ?

 

Le patrimoine technologique d’une entreprise est composé de l’ensemble des technologies maîtrisées par cette entreprise, que celles-ci soient effectivement utilisées dans ses activités ou qu’elles soient maintenues en réserve.

 

Le patrimoine technologique comprend trois types de technologies :

–       les technologies de base, largement répandues dans le secteur d’activité, connues et maîtrisées depuis longtemps par l’entreprise mais aussi par ses concurrents. Si elles sont indispensables pour que l’entreprise se maintienne, elle ne donne pas d’avantage concurrentiel (ex. : technologie des codes-barres) ;

–       les technologies clés, dont la maîtrise est essentielle pour la position concurrentielle de l’entreprise. Elles lui permettent des progrès significatifs et offrent des possibilités de différenciation (ex. : technologie des puces électroniques intelligentes RFID Radio Frequency Identification : identification par fréquence radio) ;

–       les technologies émergentes, nouvelles, en phase de développement et prometteuses en termes de progrès et d’applications possibles (ex. : technologie des puces en plastique destinées à certaines pellicules d’emballage en cours de développement chez Infineon).

 

Dans le cadre du management de ses ressources technologiques, l’entreprise fait l’inventaire de son patrimoine technologique puis l’évalue pour en déterminer les forces et les faiblesses. Elle cherche alors à optimiser son patrimoine mais aussi à l’enrichir pour éviter le phénomène de déclin naturel des technologies qui s’explique par le fait qu’elles ont, comme tout produit, un cycle de vie. Cet enrichissement peut alors le faire en interne ou en externe.

 

B/ Comment enrichir le patrimoine technologique en interne ?

 

L’entreprise peut enrichir son patrimoine en interne, en mettant en œuvre une démarche qualité.

 

Elle peut aussi compter sur ses propres moyens financiers et humains et mener sa propre activité de recherche-développement. Elle dépense alors un pourcentage (plus ou moins important) de son chiffre d’affaires dans cette activité, généralement réalisée par des ingénieurs et des techniciens.

 

Pour se protéger contre les copies et les contrefaçons, l’entreprise peut déposer un brevet. Il s’agit d’un titre de propriété industrielle, valable pendant vingt ans maximum, qui confère à son détenteur un monopole d’exploitation pendant cette période sur le territoire couvert par le titre. Plusieurs critères de brevetabilité doivent être réunis pour l’obtention d’un brevet : l’invention doit être technique, nouvelle et impliquer une activité inventive (c’est-à-dire ne pas découler de l’état de la technique) ; elle doit aussi être susceptible d’application industrielle. Une innovation peut également être protégée par le secret (ex. : formule du Coca-Cola).

 

C/ Quelles sont les autres voies d’enrichissement du patrimoine technologique ?

 

L’entreprise peut aussi enrichir son patrimoine technologique :

–       en obtenant une licence d’exploitation sur un brevet : c’est un contrat par lequel le détenteur d’un brevet autorise un tiers à exploiter son brevet moyennant rémunération ;

–        en rachetant des brevets appartenant à une entreprise existante pour obtenir la propriété industrielle des innovations déjà développées ;

–        en achetant une entreprise (croissance externe) qui dispose de la technologie souhaitée : cette acquisition n’est pas nécessairement totale dans la mesure où il peut être suffisant de détenir une part minoritaire du capital pour profiter de ses résultats. C’est ainsi qu’Apple a pris une participation au capital de la société Imagination Technologies, qui dispose de technologies microélectroniques (les puces) destinées aux téléphones mobiles ;

–        en développant des partenariats technologiques (croissance conjointe) : il s’agit pour une entreprise de mettre en commun temporairement des moyens (financiers et souvent humains) avec d’autres entreprises (qui peuvent être de taille différente) mais aussi avec des organismes publics de recherche pour créer et/ou développer une nouvelle technologie. C’est dans cette logique qu’ont été développés, et soutenus financièrement par les pouvoirs publics, les pôles de compétitivité dans plusieurs régions de France (ex. : le pôle Minalogic en Isère pour le développement des technologies du futur pour l’imagerie médicale, les tissus ou la téléphonie).

 

 

 

 

 

 

 

 

II-            Les enjeux de la politique d’innovation

A/  Quel est l’intérêt de la politique d’innovation ?

 

Quelles que soient ses modalités, la politique d’innovation présente plusieurs avantages pour une entreprise. Elle lui permet de :

-        s’adapter aux évolutions de son environnement qu’elle a pu déceler grâce à la veille technologique (définie par Bienaymé comme « ayant pour fonction d’identifier les renseignements annonciateurs de changements susceptibles d’influer sur la valeur de l’entreprise, soit en menaçant les positions acquises, soit, au contraire, en lui ouvrant des opportunités »). C’est en effet grâce à cette activité de veille technologique que l’entreprise pourra orienter ses innovations dans un certain sens ;

-         mettre en œuvre sa stratégie, qu’il s’agisse d’une stratégie globale ou d’une stratégie de domaine (domination par les coûts, différenciation ou focalisation), comme c’est le cas du spécialiste en maillots de bain Speedo ;

-         s’assurer ou maintenir un avantage concurrentiel en termes de coûts ou de différenciation.

Si on distingue les avantages de la politique d’innovation selon les modalités de cette politique, on peut souligner que l’acquisition de licences, de brevets ou d’une entreprise permettent un accès rapide aux technologies, donc à l’innovation.

 

B/ Quelles sont les difficultés liées à la politique d’innovation ?

 

La politique d’innovation subit un certain nombre de contraintes et présente donc des difficultés, qui sont deux ordres :

–       difficultés d’ordre financier : coût élevé de la recherche menée en interne ou en partenariat (même si le partenariat permet de réduire l’apport personnel de chaque entreprise et de mobiliser des sommes plus importantes que celles qui pourraient l’être par une seule entreprise) ; coût élevé de la protection par le brevet ; retour incertain sur investissement dans la mesure où la recherche est risquée et peut aboutir à une impasse. Cela conduit l’entreprise soit à abandonner les recherches en cours si elle s’en aperçoit à temps (ex. : le laboratoire Merck a interrompu ses recherches sur un médicament anti-obésité), soit à ne pas réussir à transformer son innovation en succès commercial.

–        difficultés d’ordre organisationnel liées à la politique d’innovation : l’efficacité de la politique d’innovation suppose en effet qu’une culture d’entreprise favorable à l’innovation soit développée dans l’entreprise. Elle suppose aussi qu’une structure plutôt flexible et transversale soit mise en place, sous la forme d’organisation innovatrice (adhocratie) ou d’organisation par projets, de manière à favoriser notamment la créativité des salariés.

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